Le témoignage de Paul*

"O Jésus Fils du Dieu Vivant, aie pitié de moi pécheur !"


Je suis un homme attiré par les autres hommes.  Je suis un homme baptisé catholique, aimé de Dieu, racheté par le Sang du Christ. Je crois que le Christ Jésus est le Fils bien aimé du Père, qu’Il est le Verbe Éternel, qu’Il est venu dans le monde pour nous ouvrir les portes du ciel et nous rendre participant de sa Joie d’être avec son Père. Je crois qu’Il a souffert et qu’Il est mort sur la Croix pour moi. Qu’Il est ressuscité. Qu’Il est donc vivant pour toujours. Je crois que ses paroles sont véridiques. Qu’elles sont efficaces. Qu’Il a fondé son Église sur la foi de Pierre et sur les Apôtres. Que c’est cette même Église qui me parle aujourd’hui dans son magistère. Les portes de l’Enfer ne l’emporteront pas sur elle, jamais.

Je crois donc que quand l’Église me propose un chemin de vie, de liberté, de paix, c’est le Christ qui me le donne. Quand l’Église dans son magistère me demande de vivre la chasteté en tant que personne homosexuelle, qui suis-je donc pour oser penser qu’elle se trompe ? Est-ce que parce que je souffre d’un manque, il faudrait que l’Église ma mère me mente sous prétexte que je souffre ? Si je suis un écorché vif, comme ils disent, cela me donnerait l’autorisation, voire le devoir d’assumer mon homosexualité aux yeux du monde, choisir le compagnon sexuel de ma vie, vivre en couple en affirmant ce que je suis, selon ma nature, comme ils disent ? Certains prêtres m’ont déjà proposé ce chemin, afin de profiter des lois de la République qui sont en train de changer. L’adoption bientôt possible. Qui a raison ? Le magistère fondé sur la foi de Pierre ou alors ces prêtres ? Qu’en pense le Christ ? Que veut pour moi l’Esprit Saint ? Que dit le Père Éternel ? Que veut Dieu pour moi ?

Pour ma part, il me semble que l’Église veut mon bien, car c’est l’Esprit Saint, la Personne Amour, qui l’anime, et qui témoigne de l’Amour du Père et de l’Amour du Fils pour nous. On me rétorque que la pastorale doit savoir mettre entre parenthèses la rigidité de la morale afin que l’Église ne perde aucun de ses enfants. Il vaudrait mieux alors concevoir une loi morale graduée ou adaptée à ce que la personne peut entendre ou peut vivre. Sans forcément chercher à faire progresser la personne. Et puisqu’ils s’aiment, comme ils disent, laissez-les s’aimer !  Figurez-vous que je suis encore capable d’entendre le Christ me dire : « va et ne pèche plus ». Que je crois que le péché est présent quand en conscience le plaisir sexuel est recherché et vécu en dehors de l’écrin du mariage. Si le péché est une coupure d’avec Dieu, il convient d’éviter de continuer. Cela peut prendre du temps. Et Dieu le sait bien. Le Christ m’accompagne de sa grâce et de sa vie donnée dans les sacrements de l’Église. Bien malin celui qui pense arriver à progresser uniquement par la volonté ! Le chemin que j’essaie de vivre est résolument vécu dans l’Église qui est ma famille. Et dans une famille, l’amour d’amitié aider à respecter l’autre dans son intégrité. Aimer ses frères est possible dans la chasteté. Aimer et se savoir aimé est fondamental. Vivre avec des frustrations est inévitable. Mais il y a une joie de faire la volonté de Dieu. Il y a des joies intimes que Dieu seul sait déposer dans le cœur de ceux qu’Il aime. Lui seul est le Roi des cœurs. Seul le Christ a le droit de réclamer mon cœur qui lui revient de droit. Il me rejoint par sa Parole, ses sacrements, dans son Église. Je le retrouve dans mes frères de Courage, car Courage, c’est l’Église.

Aux réunions, autour de la Parole de Dieu et du thème de l’étape, Il est au milieu de nous. Au cours des réunions, nous sommes à visage découvert, sans honte. Nous ne nous jugeons pas. Nous nous savons tous fragiles et aimés de Dieu. Nous respectons les frères au point d’accepter de ne pas chercher parmi eux un compagnon intime. Nous offrons les frustrations au Seigneur et Lui offrons notre fragilité pour qu’Il la comble de son Amour et de sa Force.

A Courage, quand je dépose mon fardeau au Seigneur en m’en remettant à la prière de mes frères, je trouve la paix qui vient du Ressuscité. Je rentre chez moi toujours content d’avoir revu des amis qui sont des frères donnés par Jésus. Je suis toujours heureux d’avoir reçu la force de continuer, malgré les chutes, à vouloir vivre la chasteté.  Petit à petit, j’accepte mes faiblesses. Et j’accepte d’être un pauvre, d’être quelqu’un de fragile qui peut chuter, mais qui se relève toujours, toujours relevé par le Christ. J’accepte de ne pas apparemment être bénéficiaire de la gloire d’être père de famille avec de nombreux enfants. J’accepte d’être seul quand mes sœurs, cousins, cousines et amis sont dans la joie des retrouvailles familiales avec conjoints et enfants et petits enfants. Car je sais en vérité que je ne suis jamais seul. Que le Christ est mon partage, ma béatitude. J’accepte la frustration de ne pas avoir quelqu’un à mes côté dans mon lit pour partager l’intimité de mon corps. J’accepte que le Christ prenne toujours un peu plus de place au fur et à mesure que les addictions de toute sorte sont apaisées. O Jésus, je te rends grâce de m’avoir fait connaître Courage. En tant qu’homme attiré par les personnes de même sexe, tu me donnes d’habiter sans honte dans ta maison l’Église. Merci car tu me donnes de mieux vivre mes combats dans un monde qui te rejette et qui me propose le contraire. Tu m’aides à aimer et à être aimé dans la chasteté, dans le respect de l’intégrité de mes frères. Avec ta grâce. Car sans Toi je ne suis rien. O Jésus Fils du Dieu Vivant, aie pitié de moi pécheur !

*Le nom a été changé