Qu'est-ce que la chasteté?

Pope francis2

Dans ce monde hédoniste, où l'on ne vante que le plaisir, moi je vous dis :

Soyez chastes !

La chasteté est le chemin à suivre pour aller vers un amour authentique.
Faites l'effort de vivre un amour chaste !

(Pape François, Turin, 21 juin 2015)

La chasteté, même parmi les catholiques, est une notion très mal comprise. Beaucoup l’identifient avec la continence, ou tout du moins se la représentent comme une ennemie de la joie et du bonheur. Il n’en est rien.

Pour cela, il faut comprendre ce qu’est la morale (qui n’a pas non plus bonne presse). Trop souvent, elle est perçue comme un ensemble de règles à observer. Mais la morale telle que la conçoit l’Eglise catholique n’est pas la somme des commandements. Elle est la partie de la théologie (elle a donc quelque chose à nous dire de Dieu !) qui s’intéresse à notre agir, à notre manière de vivre. Elle répond d’abord à la question : Que faut-il faire pour être heureux ?

La question au fondement de la morale est donc celle du bonheur et non pas seulement celle du règlement. Dieu est un Père, pas un gendarme. La morale repose sur un appel que Dieu adresse à tout homme, créé à son image et à sa ressemblance. La vertu est une disposition de l’âme, de la volonté et de l’intelligence qui nous aide à faire des choses de manière facile, spontanée et avec joie.

Le catéchisme dit que la vertu de chasteté est placée sous la mouvance de la vertu cardinale de tempérance qui vise à imprégner de raison les passions et les appétits de la sensibilité humaine. (CEC 2341). Plus précisément, la chasteté est la vertu qui va gouverner la sensibilité, l’affectivité, la vie sexuelle. Elle nous dispose à désirer modérément et raisonnablement le plaisir sexuel avec promptitude, aisance et joie.

« La chasteté signifie l’intégration réussie de la sexualité dans la personne et par là l’unité intérieure de l’homme dans son être corporel et spirituel. La personne chaste maintient l’intégrité des forces de vie et d’amour déposées en elle. Cette intégrité assure l’unité de la personne, elle s’oppose à tout comportement qui la blesserait. Elle ne tolère ni la double vie, ni le double langage. » (CEC 2337 et 2338)

La vertu de chasteté comporte l’intégrité de la personne et l’intégralité du don de soi. Elle nous aide à mettre de la justesse et de la délicatesse dans nos rapports avec les autres. C’est la vertu de la délicatesse dans la relation. Elle ne concerne pas que les actes sexuels, mais également toutes nos attitudes dans les rapports avec les autres. Une relation est non chaste dès que la juste distance nécessaire au respect de la liberté de chacun s’efface ou est manipulée. Jésus parle de regard non- chastes (Mt 5, 28)

Maîtrise au service de l’unité de la personne et du don de soi, la vertu de chasteté s’épanouit dans l’amitié. Elle indique aux disciples comment suivre Jésus, l’ami qui nous a choisis comme ses propres amis. Il s’est donné totalement à nous et nous fait participer à sa condition divine. La chasteté est donc promesse d’immortalité. Elle s’exprime notamment dans l’amitié pour le prochain. Que ce soit entre personnes du même sexe ou du sexe différent, elle représente un grand bien pour tous, elle conduit à la communion spirituelle.

La chasteté concerne tous les baptisés, vécue différemment selon leur état de vie. Ainsi, les personnes mariées sont appelées à vivre la chasteté conjugale dans la fidélité à leur conjoint, à travers des relations sexuelles librement consenties. D’autres dans le célibat consacré : les prêtres et religieux. Et enfin tous les célibataires (jeunes, fiancés, veufs…), dans la continence (CEC 2249).

Le catéchisme rappelle que la chasteté est le fruit d’un apprentissage de la maîtrise de soi, œuvre de longue haleine (CEC 2339 et 2342). C’est une pédagogie de la liberté humaine. Cet apprentissage implique la connaissance de soi, la pratique d’une ascèse adaptée aux situations rencontrées. La chasteté s’exerce et on l’acquiert, comme toute vertu, en posant des actes. Mais la chasteté est surtout une grâce, un don de Dieu qu’il faut désirer ardemment et lui demander.